Rencontres importantes d'O sensei

MINAKATA Kumagusu (1867 / 1941)

MINAKATA Kumagusu originaire de Wakayama. C'était un intellectuel. Cultivé et naturaliste, il avait vécu aux U.S.A., Cuba et en Angleterre.
Morihei UESHIBA rencontre en 1908, ce fervent défenseur de l'environnement, lors de son action de préservation de la région de Tanabe contre une industrialisation anarchique.
C'est lui qui lui fit prendre conscience de l'intérêt de préserver l'environnement et de considérer le monde comme une unité. Il incita Ueshiba à étudier avec sérieux.

TAKEDA Sokaku (10 octobre 1859 / 25 avril 1943)

Maître TAKEDA Sokaku est né à Aizu, dans l’actuelle préfecture de Fukushima, le 10 octobre 1859. Il était le second d’une famille de quatre enfants. Dans un pays de redoutables samouraïs réputés pour leur dextérité au combat, ceux d’Aizu comptaient parmi les plus féroces. Très tôt dans sa jeunesse, les parents de Sokaku lui ont inculqué une éducation martiale très rude, tandis que son apprentissage de la culture, la lecture et l’écriture étaient totalement négligés (il n’a jamais su ni lire, ni écrire).

Son père, Takeda Sokichi, avait participé à de nombreuses batailles. Il avait étudié la lance de l’école Hozoin, le bâton et le Kenjutsu, mais préférait le sumo. Sokaku a donc appris de son père et de son grand-père le Daito-ryu (Ecole du Grand Est), la lance, le Bo et le Kenjutsu. Il pratiqua également le Kenjutsu de l’école Ono Ha Itto Ryu au Yokikan Dojo avec le maître SHIBUYA Toba.

A la Restauration Meiji de 1868, les clans des samouraïs doivent se ranger au côté de l'Empereur ou bien celui de leur Shogun. Luttant pour un Japon traditionnel, le clan Aizu est l'un des derniers à résister à l'armée de l'Empereur. Il finit par tomber.

De nombreux samouraïs se donnent la mort, et Sokaku aurait été contraint au suicide rituel (seppuku) en même temps que la Byakko-tai, « l’Armée des fils d’Aizu », s’il avait été plus âgé (il n'avait que neuf ans).

Après la mort de sa mère, alors qu’il était âgé de treize ans, le jeune Sokaku convainquit son père de le faire entrer en tant qu’élève à domicile chez SAKAKIBARA Kenkichi pour étudier le Jikishinkage-ryu. Auprès de l'ami de son père, il étudia le Kenjutsu, le Bo, la lance, le tir à l’arc, le kusarigama (faucille munie d’une longue chaîne), le naginata (hallebarde), les shurikens (armes de jet).

Ensuite, il passera ainsi toute sa jeunesse à défier de nombreux maîtres, participer à des combats de rue, cherchant la moindre occasion pour polir sa technique, déjà redoutablement efficace pour un jeune homme de cet âge. Il mène ainsi une vie de shugyosha, d’étudiant errant.

Il reçut également l’enseignement de Maître MOMONOI Shunzo, avec qui il a approfondi son étude de l’escrime. En 1875, Takeda Sokaku est contraint de retourner à Aizu pour prendre une charge héréditaire de prêtre. Il rendit donc visite à SAIGO Tanomo, haut dignitaire du clan Aizu, qui était artiste et prêtre shinto sous le nom de HOSHINA Chikanori.

— SAIGO Tanomo —

SAIGO Tanomo, était également détenteur de l'art martial secret du clan Aizu, le Oshiki-uchi, dont les techniques remonteraient à l’époque de l’empereur Minamoto Yoshimitsu (XIIe siècle).

Là, ce jeune et brillant samouraï est remarqué par SAIGO Tanomo qui était à la recherche d'un successeur pour pérenniser l'art du Oshiki-uchi. Finalement, Takeda se consacra à l'étude de cet art martial.

A la mort de Saigo en 1905, Takeda devient l'héritier de l'Oshiki-uchi auquel il intégrera les techniques de sabre de l’école Ono Ha Itto Ryu. Dès lors, Takeda commence à enseigner un système qu’il appelle au départ "Yamato", puis "Daito-ryu Aiki-jutsu".

Vers 1888, Takeda, alors âgé de trente ans, commence à se forger une solide réputation de grand maître d’arts martiaux. Sa petite taille et son aspect frêle ne l’empêchent pas de se défaire aisément de n’importe quel adversaire.

Décidé à donner un cours moins marginal à sa vie, il se marie et bâtit une maison. Malheureusement, sa femme meurt à son deuxième accouchement. Takeda laisse alors ses enfants chez ses proches parents, et reprend sa vie errante.

Takeda se déplaçait souvent, car sa vie mouvementée lui avait donné l’occasion de se faire de nombreux ennemis ; si bien qu’il vivait en permanence dans une paranoïa excessive et avait toujours une attitude méfiante, même envers ses proches.

De 1898 jusqu’à sa rencontre avec UESHIBA Morihei en 1915 en Hokkaido, Takeda voyageait à travers tout le Japon, vivant des cours particuliers et des séminaires qu’il dispensait. Vers 1911, il est sollicité par la police pour donner des cours aux officiers ; c’est pour cette raison qu’il part en Hokkaido, alors qu’il atteint la cinquantaine.

Lors d’un séjour à Engaru en 1915, Morihei rencontre Takeda Sokaku et devient son élève. Cette rencontre marquera définitivement le futur fondateur de l’aïkido, qui apprendra avidement aux côtés de ce Maître époustouflant par sa technique.

DEGUCHI Onisaburo (1871 / 19 janvier 1948)

Le destin de Morihei UESHIBA a été également marqué par sa rencontre avec Onisaburo DEGUCHI, un homme original qui aura une grande influence spirituelle sur lui.

En 1919, Morihei, alors installé en Hokkaido, prend la route pour rejoindre son père mourant à Tanabe. C’est en chemin qu’il apprend l’existence d'un mouvement religieux, l'Omoto-kyo et prend contact avec le guide de ce mouvement, Onisaburo Deguchi (de son vrai nom Kisaburo Ueda).

Onisaburo Deguchi naquit en 1871 dans une famille ruinée par le père, qui jouait souvent. Il a donc été élevé par sa grand-mère, une femme cultivée qui avait en particulier étudié le kototama, notion qui deviendra plus tard très importante. Il était vif et intelligent.

Lorsqu’en 1893 son père décéda, il plongea dans une grande crise spirituelle. Un jour, il fut pris de transe et reçut une "illumination". A partir de ce moment, il se consacra à la spiritualité et étudia le Chikon-Kishin auprès de Otate Nagasawa.

Ses pérégrinations lui permirent de rencontrer Nao DEGUCHI (1837/1918), fondatrice de la  religion Omoto-kyo ; ces deux personnages décidèrent alors d’unir leurs actions.

A la mort de Nao en 1918, Onisaburo Deguchi prit la relève pour diriger le mouvement.

Onisaburo était instruit, très prolixe dans la composition de poèmes : il en a écrit plus de six cent mille, en plus d’ouvrages importants dans lesquels il étudie le kototama. Ainsi, c’est de ce curieux mais charismatique personnage que Morihei Ueshiba a hérité sa pratique de la méditation Chikon-Kishin et du Kototama, en plus d’une vision shintoïste très prononcée dans la pratique de l’aïkido et la perception de l’Univers.

 
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