Les différents styles d'Aïkido

— Ueshiba Morihei —

Styles ou écoles
L’Aïkido est le fruit d’un travail de recherche personnelle entrepris par Maître UESHIBA qui a fait évoluer son art tout au long de sa vie. Les différents "uchi-deshi" d'O Sensei ont pu être les témoins privilégiés de son œuvre à une phase donnée de sa construction, c'est donc tout naturellement que leur pratique pouvait différer ; différence de pratique qui se retrouve d'ailleurs au sein d'une même génération d'élèves.

Fort de ses expériences et de son vécu, chacun de ces sensei, dont certains venaient d'autres arts martiaux, essaya par la suite de transmettre le message du Fondateur et de promouvoir cet héritage. S'engageant pour certains dans des voies légèrement différentes ou insistant davantage sur certains points de la pratique, cela donna naissance à différents styles, même si le fond et l’esprit de l’Aïkido demeurent identiques.

Si certains étaient sincèrement soucieux de sauvegarder un art dont ils voulaient préserver l'esprit, d'autres par contre étaient motivés par l'argent et le pouvoir. D'autres encore, se croyant investis d'une "mission", et convaincus de détenir la vérité d'un art qu'ils croyaient figé, ont multiplié encore le nombre d'écoles ou organisations. Bien plus tard et pour les mêmes raisons, certains élèves se réclamant de ces écoles et n'ayant pas connu O Sensei, créent à leur tour de nouveaux courants.

Du vivant d'O Sensei, ses élèves les plus proches pratiquaient déjà "leur" aïkido, sans que le fondateur n'intervienne pour les ramener sur la "bonne" voie, estimant sans doute que ces pratiques étaient différentes, mais justes. Car si l’Aïkido est multiple dans ses formes, il est unique dans son esprit, et pour cette raison, on ne peut pas vraiment parler de styles, et aucune de ces écoles n'est supérieure ou ne peut se prétendre plus authentique que les autres. Les querelles de styles sont donc stériles, et plutôt que chercher à imposer sa vision aux autres (attitude qui a pour effet de diviser encore davantage), la coexistence de ces différents courants devrait être empreinte de tolérance et d'échanges.

Voici quelques écoles les plus connues :
- Aïkikai (Centre Mondial de l’Aikido)
- Shodokan Aikido (Me Tomiki)
- Yoshinkan (Me Shioda)
- Yoseikan (Me Mochizuki)
- Shin Shin Toitsu Aïkido (Me Tohei)
- Iwama Ryu (Me Saito)
- Ki-no-michi (Me Noro)
- Aikido Schools of Ueshiba (Me Saotome)
- Tendoryu Aikido (Me Shimizu)
- Aïki-Budo (Me Alain Floquet)
- ...

Aïkikai (Centre Mondial de l’Aikido)
C’est la "maison mère", l’école du Fondateur, développée par son fils Kisshomaru Ueshiba (1921-1999).
C’est le style d'aikido le plus répandu dans le monde et auquel est rattachée la Fédération Internationale d'Aïkido.
Il a été initié après la guerre par le propre fils du fondateur, Kisshomaru Ueshiba, en accord avec son père.
C'est grâce aux efforts de Kisshomaru Ueshiba en matière de pédagogie que l'aikido a connu un développement international.
En fait, c'est plus une organisation qui regroupe plusieurs courants qu'un style à proprement parlé.
Kisshomaru Ueshiba, était le 2ème Doshu (Maître de la Voie) ; à l’heure actuelle, c’est Moriteru Ueshiba, le petit-fils, qui est le 3ème Doshu depuis 1999.

— 3ème doshu - Ueshiba Moriteru —

Shodokan Aikido (de Me Tomiki)
Ce style est celui de Maître TOMIKI Kenji, qui a été élève à la fois de Maître Ueshiba et de Maître Kano. En France, ce style est représenté par Me Tsuchiya.
Tomiki voulait "rationaliser" l’enseignement de l’Aïkido, tout comme l'avait fait Maître Kano pour instaurer le Judo dans l’enseignement scolaire ; et il a notamment introduit la compétition. O Sensei a d’ailleurs toujours repoussé cette idée, estimant que la compétition n’avait pas sa place en Aïkido.
L’école Tomiki se caractérise par des kata (formes techniques pré-arrangées), en plus de la compétition à mains nues ou avec un couteau.

— Tomiki Kenji sensei—

Yoshinkan (de Me Shioda)
C’est le style créé en 1954 par Me SHIODA Gozo, qui a étudié avec Me Ueshiba pendant les années 30. Son style est celui du Fondateur de la période d’avant-guerre. Après la guerre, il commença à donner des cours et fonda l’organisation Yoshinkan.
Yo signifie "développer", Shin veut dire "esprit" et Kan désigne le lieu de pratique.
Le Yoshinkan est un style réputé assez dur, avec des techniques plutôt puissantes. Il met l’accent sur l’efficacité en situation de combat réel. Ce style a, par ailleurs, été adopté par la police japonaise.

— Shioda Gozo sensei—

Yoseikan (de Me Mochizuki)
Le Yoseikan, qui signifie "Maison de l'éducation et de la droiture" a été développé par Me MOCHIZUKI Minoru, qui a été l’un des premiers élèves de Maître UESHIBA, ainsi que de Maître KANO Jigoro (1860-1938), fondateur du Judo.
C’est en fait une synthèse de plusieurs arts martiaux japonais, comme le Judo, le Karaté, le Jujutsu, en plus de l’Aïkido.
Le Yoseikan se caractérise par les techniques de pieds (ashi), de sacrifices (sutemi), de techniques au sol (ne-waza) et de katas dans la méthode d’enseignement, et de déplacements spécifiques. Le fils de Me Mochizuki, Hiroo poursuivra l'œuvre de son père dans un style appelé Yoseikan-Budo.

— Mochizuki Minoru sensei —

Shin Shin Toitsu Aïkido (de Me Tohei)
C’est le style qu’a fondé Maître TOHEI Koichi, qui s’est détaché de l’Aïkikai en 1974.
Shin Shin Toitsu signifie "unification du corps et de l’esprit".
Cette école, la "Ki Society", est particulièrement implantée aux USA.
Maître Tohei pense qu’il est important de comprendre le concept et l’utilisation du Ki. Il donne donc une importance toute particulière à l’aspect du contrôle de l’énergie dans son école, qui comprend de nombreux exercices visant au développement du Ki.
Cette école attache une faible importance aux applications martiales, car elle considère les techniques uniquement comme un moyen de développer le Ki. Ce style s’éloigne de plus en plus de l’Aïkido traditionnel, de par ses motivations de plus en plus axées sur le Ki et la santé.

— Tohei Koichi sensei—

Iwama Ryu ou Takemusu Aiki (de Me Saito)
L'Iwama Ryu est le style de Maître SAITO Morihiro dont le dojo basé à Iwama, était rattaché à l’Aïkikai.
Il se caractérise notamment par l'importance accordée au travail des armes.
A la mort de Maître SAITO, son fils Hitohiro Saito lui succèdera, et le style portera le nom de "Iwama Shin Shin Aiki Shurenkai", et deviendra indépendant de l’Aikikai.

— Saito Morihiro sensei—

Ki-no-michi (de Me Noro)
Ecole de Me Noro, le Kinomichi, ou Voie du Ki, est un style aux mouvements amples et circulaires, créé en 1979. Basé sur la recherche de l'harmonie et sur une approche du corps et de l'énergie, le Kinomichi privilégie la pratique dynamique à deux.

— Noro Masamichi sensei —

Aikido Schools of Ueshiba (de Me Saotome)
Ecole de Me SAOTOME Mitsugi, où la pratique des armes est particulièrement présente.

— Saotome Mitsugi sensei —

Tendoryu Aikido (Me Shimizu)
Me SHIMIZU est l'un des derniers uchi-deshi de Me Ueshiba.
A la mort d’O Senseï, Kenji SHIMIZU, âgé seulement de 29 ans et titulaire du 7ème DAN, pour enseigner librement et continuer à travailler dans l’esprit du maître-fondateur, ouvrit son propre Dojo auquel il donna le nom de TENDOKAN : le Temple de la Voie Céleste.
Maître Shimizu estimant que l’Aïkido créé par Maître Ueshiba risquait de perdre son essence et être dénaturé, appela sa pratique AIKIDO TENDORYU, que l’on peut traduire par : Ecole d'Aïkido de la Voie Céleste.

— Shimizu Kenji sensei —

Aïki-Budo (de Me Floquet)
En 1951, Me MOCHIZUKI Minoru fut envoyé en Europe pour une mission culturelle officielle. Pendant deux années il fit découvrir l'art de son maître, selon sa propre expérience martiale sous le nom d'Aïkido-Jujutsu. A son retour au Japon, Maître Mochizuki forma un jeune judoka français, Jim ALCHEIK, dans son dojo le YOSEIKAN.
En 1957, Jim Alcheik revenant du Japon représenta officiellement en Europe l'Aïkido-Jujutsu du Yoseikan et créa la Fédération Française d'Aïkido-Taijitsu et de Kendo. Alain FLOQUET devint l'un de ses assistants.
Jim ALCHEIK disparut tragiquement en 1962. Pour assurer l'avenir de l'Aïkido-jujutsu en France, Alain Floquet prit alors contact avec Maître Mochizuki qui envoya à Paris son fils Hiroo pour développer cet art avec la collaboration d'Alain Floquet.   
En 1966, Alain Floquet fut nommé Directeur Technique de l'école d'Aïkido-Yoseikan pour la France. En 1973, il fonda le C.E.R.A. (Cercle d'Etudes et de Recherches sur l'Aïkibudo).   
En 1978, Maître MOCHIZUKI Minoru lui délivra le grade de 7ème Dan et le titre de "Kyoshi", reconnaissant ainsi l'importance de son action.
En 1980, Maître Floquet décida de nommer le contenu de sa pratique, son style et l'art qui en découle : "AIKIBUDO", cela en plein accord avec le Maître MOCHIZUKI Minoru. Il renoua également avec l'école-mère et l'héritier du Daïto Ryu Aïki-Jujutsu, TAKEDA Tokimune, fils du grand Maître TAKEDA Sokaku (1859-1943), qui lui confia la mission de le représenter. Il intégra cette connaissance originelle de l'Aïki-Jujutsu dans son enseignement de l'Aikibudo, aux côtés de celle de l'école d'armes du Katori Shintô Ryu.  

— Floquet Alain sensei —

 
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